Mariama
J'attache beaucoup d'importance à la justesse d'expression et de ton dans mes chansons;c'est plus qu'un besoin pour moi c'est un principe.On ne s'amuse pas avec le coeur,le ressenti,les épreuves de vie,les fissures,les rêves et la vie des gens qui nous écoutent.Quand je prends mon stylo,j'ai besoin d'être habitée par ce que je m'apprête à écrire.Je n'me dis pas"tiens,si on écrivait une chanson triste qui parle d'une rupture!" en buvant mon café au lait.Je sais que vous allez trouver ça un peu "extrême" comme principe mais je trouve ça injuste et même indéscent de "vomir" sa douleur sans réserve,sans pudeur,sans finesse,sans réel égard pour les gens qui nous écoutent juste parc'qu'on a le pouvoir de le faire...ça n'est pas juste,je dirais même que c'st dangereux.C'est avant tout un métier pour lequel nous sommes rémunérés et je veux avoir la conscience tranquille lorsque je reçois mes relevés de compte en me disant je suis fière de n'avoir causé aucun mal pour ma subsistance.J'essaie de tout mon coeur d'offrir aux gens la possibilité de voir un reflet non déformé de leurs sentiments dans un mirroir,parce que la guérison vient après s'être formulé tous ses symptômes,et il n'y pas que la tristesse et la douleur dans une épreuve de vie;dans cette rupture que je décris par exemple le combat intérieur entre la résignation,l'acceptation et la rancune, l'espoir et la dérision,j'évoque aussi la fameuse pensée de cette autre qui va prendre notre place...Tout ça je le place dans un contexte bien précis,j'aime évoquer les transports en commun,parce que j'y passe beaucoup de temps et que je les trouve poétiquement communs,poétiquement humains,en plus d'être le parfait reflet d'une société,d'une époque.
Dans cette chanson j'ai voulu montrer à quel point il est difficile de se construir,dans une société où tout se consomme,où l'ére industrielle englobe même
les relations humaines.Il est devenu facile de faire et défaire des liens comme faire ou défaire ses lacets...je suis trés touchée par ce thème,parce que je sais à quel point pour des filles(particulièrement les jeunes musulmanes)la première fois est un symbôle:"le premier amour " "le dernier",et que les choses se compliquent quand l'amour s'empare de tout nôtre être;les choses ne sont pas si simple que de choisir d'être une fille bien ou
une fille facile...j'ai beaucoup de compassion,beaucoup de compassion mes chers amis pour toutes ces jeunes filles qui se sont senties pousser des ailes un jour qu'on leur a coupé et se sentent si âbimées,si salies qu'elles ne s'aiment plus et remettent en question leur légitimité a recevoir de l'amour.C'est pour ça aussi que j'avais écrit "Donna",cette fille tout simplement amoureuse qui décide de faire le pas et qui n'a en retour qu'une mauvaise réputation;c'est trés facile et méchant de juger des actes sans prendre en compte le contexte,le ressenti,le coeur des gens!Dans ma cité 2 jeunes filles ont fini dans des services psychiatriques à cause du jugement des autres,alors croyez moi je ne rigole pas avec ça.
Je suis croyante et la seule pensée qui réussi a me réconforter profondément,c'est Jésus qui se met au travers du chemin de ceux qui lapidaient Marie Madeleine la courtisane en leur disant cette parole pleine d'amour et de sagesse:"Que celui qui n'a jamais pêché jète la première pierre"